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Interview
Nathalie Desanti : « Le slow parenting, c’est moins de stress et plus de plaisir ! »

A l'occasion de la sortie de son livre Et un jour... j'ai décidé de faire la tortue, Nathalie Desanti nous a accordé une interview pour nous expliquer comment le slow parenting peut transformer la vie des parents et de leurs enfants.

Les éditions Horay : Comment vous est venue l’idée de ce livre ?

Nathalie Desanti : Elle est née d’un échange entre mon éditrice et moi. Journaliste depuis plus de vingt ans dans les domaines de la santé, de la psychologie et du bien-être, je venais de commencer ma deuxième vie de coach pour enfants et adolescents. Convaincue de l’importance de ralentir le rythme, d’être dans la pleine présence et la bienveillance pour accompagner au mieux les enfants, je trouvais que le thème du slow parenting était une évidence pour porter ces thèmes forts. J’ai donc accepté le projet avec enthousiasme.

Quelle définition donneriez-vous du slow parenting ?

C’est tout simplement le fait d’adopter un rythme plus respectueux du tempo de l’enfant. Et surtout de cesser de lui imposer celui de l’adulte qui ne lui est pas du tout adapté. Or, la vie fait que l’on est souvent amené à aller plus vite que l’enfant le souhaiterait. Dans ce cas, on lui parle, on lui explique quelles sont nos contraintes afin qu’il soit sujet et non objet de ce qu’il vit. Mais surtout, dès que possible, on ralentit le rythme pour vivre pleinement chaque étape de sa journée avec lui. C’est moins de stress et plus de plaisir.

Selon vous, tous les parents peuvent-ils mettre en pratique le slow parenting ?

Oui. Ce n’est ni une question de métier, ni une question de mode de vie ou de moyens. C’est un autre prisme, un autre regard sur la vie. Mais il ne suffit pas de le décider, il est nécessaire de l’expérimenter, jour après jour. Et d’entrainer cette aptitude à ralentir, comme un muscle ! Dès que l’on sent que l’on est rattrapé par le « vite, dépêche-toi », on se demande si on pourrait remplacer cette injonction par une phrase plus douce, plus zen. De façon concrète, on regarde les activités que l’on vit et fait vivre à ses enfants et on essaye d’alléger, de rationaliser l’agenda. Il suffit parfois de petites choses à supprimer, à décaler pour que le rythme s’allège. Aller vite, faire deux choses à la fois ne fait pas gagner de temps, au contraire. On est parfois contraint de recommencer ce que l’on a écouté ou fait à moitié. En être conscient, c’est déjà entrer en slow parenting.

Dans votre livre, vous donnez indirectement la parole aux grands-parents (avec les personnages de Mamie zen et de Papy sage). Pensez-vous qu’il soit important de revaloriser leur place au sein de la famille ?

Oui, c’est essentiel. L’enfant s’inscrit dans la lignée de sa famille, dans la transmission. Les grands-parents sont porteurs et vecteurs de ces valeurs qui donnent son identité à la famille, au clan. Ils sont là aussi pour vivre des moments rien qu’à eux, éloignés du rôle d’éducateur pur que les parents jouent par définition. Le jeu, la protection, la complicité, les câlins, mais aussi les confidences (souvent plus faciles à faire aux grands-parents qu’aux parents), tout ceci caractérise la relation grands-parents/ petits-enfants. Et quand les grands-parents ne sont plus là, il est important aussi de les faire vivre dans le cœur des enfants, en évoquant des anecdotes, des souvenirs… la transmission passe aussi par là.

Quel message voulez-vous transmettre aux parents ?

Il est simple et peut sembler banal. Mais c’est réellement de profiter de chaque instant ensemble. En ne perdant pas de vue qu’un jour les enfants quittent le nid et, si c’est souhaitable et dans l’ordre des choses, tous ces petits riens qui faisaient la vie de famille au quotidien nous manquerons. Certes, il y aura une autre relation à inventer, plus à distance, mais le câlin du soir, le petit-déjeuner même un peu trop rapide, les allers-retours au cours de sport pour l’un à la danse pour l’autre, les séances de devoirs qui s’éternisent un peu trop, tout ça a le goût du bonheur. Et on ne s’en rend pas toujours bien compte au moment où on le vit.

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